Discours du G.O. – Fête Solsticiale du 10 décembre 2016

Les outils de l’ascèse

  • Fugace,
  • momentanée,
  • ponctuelle,

telle est l’introduction dans le Saint des Saints: il s’agit là d’un accès privilégié au but final de l’Ordre que notre rituel nous offre;

prémisse de nos succès futurs;

prémisse qui est scellée par le couronnement de l’Impétrant du laurier et de l’olivier,

emblèmes de victoire et de triomphe dans une perspective perpétuelle.

 

Accès

  • fugace,
  • momentané,

On peut dire d’emblée que c’est là une des fonctions et raisons d’être premières du rituel ; c’est de nous montrer le chemin,

d’éveiller en tout un Initié le désir d’emprunter,

en commun avec les autres,

la voie qui nous conduit vers l’Inconnaissable et l’Eternel, loin de l’éphémère.

Expression, celle-ci, de la spiritualité fraternelle la plus pure.

L’un des outils de cette spiritualité furent –et restent- les rituels qui

notamment dans nos cercles

revêtent ce rôle sacré qui fait en sorte que

seuls ceux qui affirment l’existence de Dieu et l’immortalité de l’âme

puissent y avoir accès et les pratiquer en s’en imprégnant véritablement.

 

Voyons cela de plus près.

Nous appelons ‘rituel’ la base d’une pratique répétitive qui permet

à la fois

de maîtriser et de saisir cet ensemble plongé dans ce secret qui est la démarche maçonnique.

Là où l’Analogie domine,

c’est-à-dire où domine l’équivalence entre ce qui est en haut et ce qui est en bas

(dans la perspective de l’Unique),

là où la Fraternité correspond à la communion vivante des Initiés partageant leur essence la plus intime,

là où l’Invisible s’enchevêtre avec le visible.

La pratique répétitive fournit un encadrement, une orientation, une façon de faire ou de travailler, un appareil symbolique, des opérations gestuelles, des objets juxtaposés, des discours, des récits.

Donc

des éléments médiateurs entre les Initiés et le Mystère.

Mystère qu’il y a lieu de dévoiler progressivement; et face auquel aucune conceptualisation ne serait adéquate.

 

Le rituel scande la vie, forme la sensibilité, organise l’espace-temps de la perception de l’Initié ;

il nous permet d’entrer réellement en contact avec ce monde du Vivant,

où l’Invisible a une part immense, où l’Initié opère, où il laisse son empreinte, où il creuse sa demeure.

Il nous permet de saisir ce que nous n’avons pas compris jusqu’à présent.

Il nous permet d’accepter  notamment que nous ne comprendrons jamais tout ; et que, en définitive, tous nos efforts sont dépourvus d’un sens dernier. C’est le ‘comme si’ analogique ;

le rituel nous aide à opérer comme si l’existence avait un sens ;

il est une façon spécifique d’aborder l’existence pour guetter le peuple de lumière, sans s’en attendre ni récompense ni profit.

 

Mais certaines conditions doivent être respectées.

La participation aux cérémonies,

là où le rituel vient à la vie,

implique une adhésion aux principes de l’Ordre ; adhésion visible et ouverte,

sans restriction aucune et sans aucun compromis, le restant étant du domaine de l’intimité de la lecture ou approche individuelle.

Ce qui compte est la profession ouverte à cet effet par quelqu’un qui partage une telle adhésion

et qui est prêt à se réunir uniquement avec ceux  qui partagent exclusivement ce point de vue.

Il s’agit donc d’une communion dans une société séparée;

la communion témoigne de la présence active de l’Être

qui est un être total ayant bien sûr des possibilités d’intelligence,

mais aussi des dispositions affectives et émotionnelles.

La communion fait en sorte que

ce n’est plus le ‘moi’ qui compte,

ce n’est plus le ‘toi’,

mais c’est le ‘il’

qui est chacun de nous, qui est commun à nous tous, qui nous dépasse, qui est donc à la fois nous-mêmes et l’altérité totale.

Dans la communion fraternelle, nous accomplissons tous, en pleine liberté, les mêmes opérations initiatiques, tout en gardant notre spécificité individuelle.

Et là, la dimension magique du rituel commence à fonctionner.

Certes, le voile de l’apparence présente à l’Initié le spectacle,

d’une part, de la fixité de l’appareil cosmique, d’autre part, du renouveau constant de la nature: ce spectacle est sans doute empreint de monotonie et d’habitude,

aspects qui offrent une résistance épaisse à la liberté et au changement,

tout en étant le domaine du clair, du distinct et du stable, en d’autres termes de la raison.

 

Mais ayant progressé dans la voie qu’il a ouverte, l’Initié assiste à un renversement des rôles,

il voit apparaître l’unité organique d’un second réel, d’un monde secret dont le premier, l’apparence du monde, devient ainsi l’épiphénomène;

de sorte que,

  • caché et apparent,
  • clair et obscur,
  • stable et instable,
  • rationnel et illogique,
  • premier et dernier,

loin d’être contradictoires sont liés ensemble, dans le cœur du Cherchant,

par une unité indivisible qu’aucune rationalité ne saurait expliquer.

Et lui-même il sent qu’il fait partie, d’un Tout, d’un Absolu;

et ce, dans un Lien Indicible, lien assurant le caractère compact de l’Ensemble,

dans cette dimension de liberté qu’il a atteinte,  lien qui est l’Amour,

à la fois l’objet de la quête et à l’origine de la quête.

 

Or, nous qui avons tous atteint le Quatrième Grade,

nous avons déjà fait des progrès indéniables dans cette direction,

dans la direction de ce monde secret,

d’un monde suprasensible;

nous sommes en mesure de distinguer avec plus de netteté les trois éléments de notre démarche, la démarche écossaise:

1° la Construction du Saint Edifice;

2° le Centre de la visée, c’est-à-dire la Divinité;

3° la Lumière de l’initiation.

Dieu, Lumière sur Lumière, a donné les mesures du Temple, donc il est l’Architecte par excellence. Hiram aussi est l’Architecte du Temple,

donc il est la Lumière à l’image de Dieu.

En suivant les mêmes péripéties qu’Hiram,

l’Initié, par son agir, devient l’Architecte imprégné de Lumière,

s’apparente au suprasensible ;

et il accomplit ainsi, par la Construction, l’Union, car la force divine s’est emparée de lui.

 

Construire le Saint Edifice sur terre,

opération progressive, scandée notamment par l’égrènement des grades écossais,

grades devant être, tous, parcourus, conformément à la Grande Constitution de 1786 ;

cette opération progressive veut dire, pour les Initiés, mourir au monde,

  • à la vie apparente,
  • à notre volonté propre,
  • à notre égoïsme,
  • à notre autonomie isolée,

paresseusement immergée dans le sensible;

cela veut dire livrer notre volonté à la volonté divine,

celle-ci n’étant rien d’autre que la vie de Dieu en nous.

Et ce, à travers l’image qui nous est donnée par Hiram.

 

Certes, les rituels constituent des voiles dont la véritable signification n’est ouverte qu’aux Adeptes.

La volonté y est présente de donner à ces textes des éléments de propulsion vers la dimension messianique,

tout en déviant éventuellement l’intérêt des non-Adeptes vers une fausse interprétation confessionnelle,

d’un genre expressément  trivial, de sorte que le but final de l’Ordre soit préservé ;

 

L’enveloppe permet ainsi de protéger la lumière du symbole.

Comme le Grand Commandeur  Albert Pike l’a précisé : Gloria Dei est celare Verbum; et cum latentibus Sapientia = occulter la Parole c’est œuvrer à la gloire de Dieu; et la Sagesse côtoie ce qui est occulte.

C’est là, dans ces rituels écossais, que les Initiés matérialisent leur aspiration suprême qui est de servir librement le GADLU,

de devenir participants de la Création, elle-même en devenir,

co-créateurs,

membres d’une Nation spirituelle et d’un Peuple nouveau.

Tâche à la dimension immémoriale, aux fondements éternels,

espérance d’une évolution spirituelle de l’humanité dont il s’agit d’accroître sans cesse l’épaisseur; d’une spiritualité la plus essentielle et la plus dense,

au-delà des exclusivismes de toute sorte

basée sur ce patrimoine rituel transmis enrichi d’une génération à l’autre.

 

Le recours aux textes traditionnels, aux textes du 18ème siècle,

tout en sauvegardant ce que la modernité nous a apporté,

représente la démarche spirituelle essentielle (simple, unique, dense),

tandis que l’impératif catégorique de l’imprégnation ou partie liturgique

est représentée par les rituels pratiqués dans les cérémonies,

les rituels qui nous sont dictés par le Suprême Conseil.

La reconduction des rituels liturgiques aux rituels traditionnels

empêche la dégénérescence et la dispersion de la démarche toute entière

dégénérescence et dispersion dans des considérations d’une métaphysique banale

ou d’un psychologisme grossier.

 

Voilà ce qu’on entend pulser à travers nos beaux rituels.

Car il sont là pour remplacer l’obscurité par la clarté,  percer vers la vie véritable,

implanter l’éternité dans le temps,

faire jaillir la vie éternelle dès à présent,

dès ici-bas.

Ils sont, nos rituels –insistons là-dessus-

ils sont les outils de l’ascèse sur notre échelle mystérieuse en 33 grades.

 

Pour bien comprendre de quoi il s’agit,

examinons comment

grâce aux objets symboliques que chaque grade nous offre,

il nous est  permis,

chaque fois qu’on progresse,

une vue plus complète du sens même du Rite,

soit par complètement du sens déjà déterminé jusque-là,

soit par une vision tout à fait nouvelle de ce sens.  Mais,

en même temps,

aller vers l’amont signifie progresser vers la compréhension maximale du Rite,

dès les premiers grades jusqu’au dernier,

en créant ainsi chaque fois une matrice nouvelle de notre âme.

Et –nous le savons-

plus nous avançons dans le Rite,

plus nous densifions ce qui est acquis en aval, c’est-à-dire la signification du premier grade et de ceux qui suivent ;

chaque nouvelle densification est ainsi appelée à équilibrer les déséquilibres entrevus à l’intérieur de l’étape précédente.

 

On l’a compris.

Grâce aux rituels, on n’est pas Initié,

on le devient.

Réaliser son être d’Initié est un effort lent et persuasif de chacun de nous sur lui-même,

effort itératif qui peut prendre un temps indéfini, bien au-delà de l’attribution de grades REAA ultérieurs ;

et ce, en se fondant constamment sur les rituels, tout en cultivant la connaissance des textes philosophiques.

Mais c’est le propre de notre démarche:

l’effort doit être poursuivi sans relâche,

sans aucune certitude de l’atteindre,

en recommençant chaque fois à partir d’une nouvelle plateforme de l’Acquis,

un effort vers l’Effort.

La voie de l’Effort a été ouverte par l’introspection. Celle-ci, à son tour, a été entamée par la liberté que l’Initiation nous a octroyée,

ce qui nous a permis de faire appel librement à la Source Intime,

à la Vie Infinie qui est en nous (l’«étincelle»). Chaque Frère, pour son compte, peut avoir accès à cette Vie Infinie qui est la même pour chacun des Initiés;

c’est-à-dire, à cette Vie Trans-Subjective, qui est la source spirituelle commune, à l’intérieur de chacun de nous.

Nous entrons en communion, via cette même Vie Infinie, les uns avec les autres,

nous nous reconnaissons comme Frères;

nous prenons conscience l’un de l’autre, nous surgissons à la dimension du Verbe,

le Soi profond, le plus intime et commun,

non pas un Au-delà,

mais un En-deçà, d’ici-bas,

qui est notre Vie véritable commune, notre Vie infinie et immortelle.

Grâce au Verbe implicite dans les rituels nous modifions la représentation que nous avons en nous du Monde.

En d’autres termes, nous participons à la Création. Nous découvrons ainsi l’Essentiel.

Ce que les rituels nous révèlent n’est donc pas un Autre dont nous vivrions,

mais le Même en qui nous vivons.

Nous comprenons alors que Dieu vit et agit en chacun de nous et y accomplit son Œuvre,

en nous poussant vers des plateformes d’Acquis de plus en plus élevées.

Du Relatif à la Liberté de l’Absolu.

Un Initié qui se fait, mais pas tout seul ; il se fait grâce à la Confrérie

 

Il faut partir de nous-mêmes, de chacun de nous; en ce qui vous concerne, vous existez,

parce que moi, je prends conscience de chacun de vous;

votre existence dépend de ce que je vous reconnais ;

en ce qui me concerne, j’existe parce que chacun de vous me reconnaît comme tel.

N’empêche que nous sommes séparés par une frontière infranchissable, car nos consciences restent séparées.

Le seul moyen, pour nous isolément et dans notre ensemble, est d’interagir et d’affirmer comme existant le GADLU.

GADLU qui nous retient dans sa volonté infinie et nous porte dans sa sphère

et qui nous donne un avenir : l’immortalité de notre âme.

C’est cet Absolu qui est notre source spirituelle commune,

car affirmée en commun par nous, les Initiés.

 

Une fois progressivement introduit dans la chaîne initiatique

et amené à grimper l’échelle du Rite, l’Initié connaît d’une façon de plus en plus claire cette étincelle divine qui est en lui,

mais dès le départ, cette même intention qu’il a eu de commencer le parcours

est le reflet de ce vouloir principiel qui est en lui et qui est le reflet de cette liberté dont il a joui.

Aidé par le rituel

vécu ensemble aves ses Frères, l’Initié mature progressivement,

dans son mouvement vers le haut

la structure de son être, si bien qu’il parvient à se rendre conscient de ce même vouloir qui était au départ une donnée spontanée

et s’achemine vers cet Absolu qui est le but de sa démarche, c’est-à-dire la Liberté totale.

 

Tout cela reflète le fonctionnement en nous des rituels dont les fondements se situent dans un passé lointain.

Il faut rappeler que les francs-maçons du 18e siècle étaient fortement influencés par les différents milieux hermétistes et cabalistiques ainsi que par les énigmes entourant des ordres supposés secrets dirigés par des Initiés invisibles, à la recherche des vérités dernières et de la compréhension des mystères de l’univers.

La voie initiatique que les concepteurs du Rite nous ont léguée dans ses 33 grades est une approche authentiquement active et spontanée qui vise à multiplier les moments d’égrégore ou d’éveil nous permettant de nous rapprocher de l’Unique et de participer à Son œuvre;

par ailleurs, chaque grade du REAA permet de viser la totalité de la connaissance, chaque fois dans une perspective différente.

L’acquisition successive des signes, mots et attouchements propres à chaque degré,  permet à l’Initié d’accroître sa capacité de percer le secret et de voir l’invisible, d’avoir un accès de plus en plus large  à une structure de la réalité qui n’est ni temporelle, ni spatiale,

à une structure éternelle qui est toujours présente dans la vie des humains et que la pratique du Rite ramène systématiquement à l’attention de ces derniers.

 

Par conséquent, en travaillant, à chaque niveau du REAA, sur ces correspondances et sur les forces spirituelles qui gouvernent et animent l’unité organique, l’être humain peut progressivement s’approcher de la Connaissance et de la Divinité.

Voilà ce que nous pouvons dire sur la fonction des rituels.

Mais, quels sont ces rituels? Sans aucun doute, en premier lieu, les rituels que le Suprême Conseil exige de nous tous que nous les cultivions, que nous les étudions, que nous nous en imprégnions;

ils sont l’expression la plus pure de ce que les gardiens de l’Ordre interprètent comme la voie à suivre pour que la démarche épouse la gradualité de l’Echelle.

Ces rituels liturgiques déterminés  par le Suprême Conseil sont mis en œuvre pour les travaux d’ouverture, de fermeture ainsi que pour les réceptions.

Ils doivent être très strictement appliqués lors des Tenues et faire l’objet d’étude.

Cependant, en plus et à côté de cela, il faut tenir présents à l’esprit les rituels qui sont rassemblés dans cet écrin magique que nous devons au frère Kloss et au Chapitre 27 de sa prestigieuse collection,

là où la révélation maçonnique du 18ème siècle a trouvé son dernier mûrissement dans une épure d’un niveau très élevé; épure structurée en 33 grades.

Ils sont notre référence de base qui reflète l’expérience du siècle des Lumières; ils représentent le cœur, la racine, et la moelle de notre Rite.

Leur effet initiatique exprime la capacité qu’ont ces textes de générer des lectures toujours différentes sans, pour autant, être en mesure d’épuiser cette capacité générationnelle.

 

Nos Prédécesseurs avaient une faculté symbolique infiniment plus chargée, plus stratifiée, plus systématique que la nôtre.

Et ils se plaisaient à découper à leur gré les personnages et la trame des rituels à l’intérieur du tissu qui leur était fourni par l’histoire et la tradition dans leur ensemble,

en utilisant une méthode d’analogie allusive qui leur permettait de cerner, mieux que tout discours purement théologique de leur temps, le sujet symbolique.

Ils évitaient ainsi les crispations locales d’un imaginaire ou d’une idéologie donnés, tout en transférant ce sujet dans une dimension de solennité et d’intensité, par excès de signification, où les sens se superposent et où nous nous complaisons.

C’est là une approche qui a sa raison d’être, même si elle est contraire à la raison officielle, au politiquement correct, comme on dirait aujourd’hui.

D’ailleurs, une telle tendance consistant à se référer à un tissu ou réseau d’images appartenant à des dimensions culturelles différentes, était propre du monde dont ils faisaient partie.

La sphère d’action de Dieu, pensaient-ils, c’est la volonté de l’homme, de l’homme dépassant progressivement sa finitude et découvrant la vie véritable;

c’est seulement à travers celle-ci que Dieu agit médiatement sur le monde sensible.

 

La démarche écossaise -nous le constatons- reproduit cet état d’esprit

Elle est fondatrice de valeurs qu’elle produit directement à partir de l’étincelle divine qui est en chacun de nous.

Elle est basée sur la vision, l’agir, la vie.

Elle est un acte, une activité, la vie elle-même qui se fonde. Il n’y a pas donc d’avant et après.

Il n’y a qu’un jaillissement constant qui a sa racine dans l’infini et l’éternel, à partir de l’étincelle cachée ;

une genèse se révélant d’emblée, qui se fait d’elle-même par elle-même, entièrement basée sur la pratique rituelle répétitive réalisée par la communion des Initiés, la communion initiatique; une communion qui est non seulement vie, mais qui se vie, expérience immédiate du Tout, loin du Multiple. La communion initiatique est, en d’autres termes, à la fois l’agissant et le produit de l’action.

 

En restant à l’écoute de ces textes, de ces rituels, tant liturgiques que traditionnels, nous créons un espace de certitude qui relie sans discontinuité, grâce à l’Ecossisme,  le présent au passé,

sans nier aucune des réalisations spirituelles précédentes, espace permettant de scander la vie, de former la sensibilité, d’organiser la perception de l’Initié et de dépasser la Mort, de la restreindre à sa fonction régénératrice,

en donnant à l’Initié cette solidité qui lui permet de se sentir partie essentielle de l’œuvre de Création. Il y a lieu de croire, comme notre Rite l’exige, à l’immortalité de notre âme ;

conviction constituant,

ensemble avec l’affirmation de l’existence de Dieu, la base spirituelle même de notre Rite qui, en cela, reflète les accents de la Renaissance.

 

Cette idée d’immortalité est essentielle pour devenir collaborateur de Dieu dans la Création. Devenu pur esprit immortel, l’Adepte est presque l’équivalent de Dieu.

Car celui qui dès ici-bas est parvenu à la vraie Vie, ne peut de nouveau perdre celle-ci;

il est immortel.

 

J’ai dit.

T.Il.F Nicola BELLIENI, 33ème

Grand Orateur